Historique: Des Beignets au Perroquet / Geschichte
Les Origines
La fête et ses appellations
Les Brandons ne sont pas typiquement vaudois. Le terme, issu du germanique "Brand" signifiant le tison, désigne des feux et des bûchers que l'on faisait le premier dimanche de Carême. Des manifestations similaires se déroulaient dans toute la romandie ainsi que dans un grand nombre de provinces françaises. On retrouve ce terme à peu près partout, néanmoins, il n'est pas le seul utilisé : "failles", "bordes", "piquerés", "carmintran" et d'autres sont fréquents. Pour les territoires romands, il semble que cela n'ait pas été la première appellation, mais une adaptation tardive du français. L'utilisation répétée de ce terme dans les interdits de la Réforme a sans doute contribué à le répandre.
De plus les brandons en tant que fête mobile sont entrés dans le calendrier et se sont certainement répandus dans le patois à partir des almanachs depuis 1800. La date d'allumage des feux était celle du premier dimanche de Carême. Le bûchers, dressés sur les hauteurs de la commune étaient alimentés de débris de haies, de restes de coupes de bois que les garçons allaient quêter les jours précédents.
Des cortèges aux flambeaux parcouraient les rues du village ou de la ville jusqu'aux bûchers dont le combustible était souvent aromatisé de cannelle ou d'autres épices. La jeunesse dansait autours des feux, puis suivaient des banquets en commun. Les jeunes gens, masqués ou grimés avec de la suie, se livraient à toutes sortes de fantaisies, on chantait, on lançait des pétards ou on tirait en l'air, des prédictions pour les mariages à venir étaient faites ("qui saute par dessus le feu se marie dans l'année !").
On prêtait aussi aux feux des vertus propitiatoires (dans le Jura un diction disait : "allume un beau feu des brandons, tu auras blé, seigle, avoine") |
Une date et des interprétations
Plusieurs hypothèses qui, si elles ne sont pas fécondes pour déterminer les causes exactes de la datation des Brandons, le sont en revanche pour examiner différentes manières de penser cette fête. Ces interprétations, excepté la théorie des origines païennes, ne sont valables qe si l'on considère que les Brandons sont une forme ancienne de carnaval, comme le laisse supposer le fait qu'ils s'articulent sur le calendrier chrétien et le cycle de Carnaval-Carême. Un problème se pose en effet puisqu'ils ont lieu pendant le Carême et que le carnaval est souvent considéré comme un temps de défoulement, de licence accordée avant la pénitence.
Une explication très populaire affirme que les Brandons sont fêtés le premier dimanche de Carême uniquement dans le but de narguer les catholiques contraints à jeûner aux mêmes dates. Amenés par les Bernois, les Brandons seraient une des nombreuses expressions de l'opposition catholique-protestant dans une région où la proximité nécessite un marquage net des frontières. Ce qui n'empêche pas par ailleurs les catholiques de fréquenter les Brandons malgré l'interdit du Carême. A Payerne, par exemple, on disait que la soirée réservée à la "chine" (lundi soir des Brandons, c'est durant cette soirée que les femmes masquées ont le droit de dire leur fait aux hommes) était fortement fréquentée par les Fribourgeoises qui venaient séduire les Payernois. Évidemment cette explication n'est pas justifiable puisque les bûches du premier dimanche de Carême étaient aussi bien violemment, les traitant de mascarades païennes superstitions et folies du temps passé.
Une autre explication, tout aussi populaire et dont la presse s'est fait largement l'écho, concernerait les origines païennes, des Brandons qui seraient les restes de très anciennes fêtes remontant à la nuit des temps et destinée à célébrer le retour du printemps. C'est là un thème cher aux folkloristes du début du siècle qui est entré dans la pensée courante. Pourtant si le parallèle peut se révéler utile pour la compréhension de l'élément festif chez l'homme, il l'est moins pour l'explication de la date précise. Ce raisonnement s'est d'ailleurs appliqué à beaucoup de manifestations populaires considérées comme des "survivances" d'un lointain passé. Par rapport au carnaval, il s'est énormément développé ce qui est en partie explicable par le fait que l'Église, dans son combat contre le carnaval, l'a toujours considéré comme païen. |
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Les Brandons de Moudon jusqu'en 1950
C'est principalement dans le courant des années cinquante et soixante que les Brandons vont évoluer pour se transformer peu à peu en un carnaval qui n'a plus qu'un lointain rapport avec la fête des origines. Cette transformation ne va pas s'effectuer brutalement mais suivant une lente progression amorcée il y a une centaine d'années. L'habitude d'allumer des feux décrite plus haut a disparu à Moudon à la fin du siècle passé, comme de manière générale dans les autres régions de Suisse qui connaissaient semblables pratiques.
Les Brandons semblent donc s'être assagis au tournant du siècle, devenant une manifestation essentiellement enfantine. Jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, le déroulement de la fête ne variera pas, ou très peu. Il consistera en un défilé aux lampions (les flambeaux eux-même ayant été remplacés par une version édulcorée) pour les enfants et conduit par la fanfare suivi d'une bataille générale de confetti. Des bals pour les adultes ont lieu par la suite, ce qui cependant n'est pas exceptionnel pour un dimanche soir. La fête prend un rythme tranquille et bon enfant. |
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Le temps du changement
C'est en 1952 que va paraître pour la première fois le journal des Brandons appelé "Le Grain de Sel". C'est également cette année là que la fête gagnera un jour puisque des bals masqués seront organisés le samedi soir. Un concours des masques est organisé par la société des cafetiers-restaurateurs et en 1956 un concours des masques pour enfants sera créé par l'Union des Sociétés Locales.
Depuis les années soixante jusqu'à aujourd'hui, les brandons de Moudon ont pris de l'ampleur grâce notamment à des personnes entreprenantes comme par exemple Pierre Jacquier dit Honoré Duroseau, changement de mentalité, changement dans la façon d'organiser les Brandons, sponsoring par des marques d'alcool et de cigarettes dans les années 70.
De nombreux concours sont organisés : concours de chars, de costumes pour enfants et adultes, de décoration des cafés et élection de miss Brandons. Le cortège des enfants va désormais avoir lieu le samedi après-midi et un champ de foire va s'installer.
Après un départ en trombes dans les 60 - 70, les brandons s'essoufflent, victimes de la concurrence d'autres carnavals, notamment celui de Payerne.
En 1981, un groupe extérieur au comité lance le barbouillage des vitrines sur le modèle payernois et la manifestation s'est aussi étendue au vendredi soir.
La fête menacée, la municipalité convoque alors tous les gens intéressés pour que se crée un nouveau comité (il est significatif du rôle économique et culturel tenu par les Brandons que les autorités décident de ne pas les laisser mourir). Il va alors se passer un fait rare dans les annales du carnaval, le comité va déplacer de deux semaines les Brandons afin de ne plus subir la concurrence de Payerne. Ce changement de date qui jamais n'aurait été accepté ailleurs, était la condition sine qua non de la poursuite des Brandons. Si la population a réagi la première année, elle fut rapidement convaincue par le succès remporté par la cuvée de 1982. Le comité sous la direction de l'abbé président Jean-François Chappuis avait fait les choses en grand en invitant huit Guggenmusicks à un moment où les cliques suisse-allemandes étaient adorées du public romand, qui considérait qu'elles représentaient quelque chose comme l'esprit du vrai carnaval. La création d'une Guggenmusick à Moudon cette même année en est bien le reflet.
Les Brandons de Moudon sont le dernier des carnavals. Des efforts sont faits en vue de toucher le public. Le but des organisateurs est de faire une fête vraiment complète ne présentant aucun temps mort. Les gens doivent s'amuser. Les organisateurs vont jusqu'à descendre à Lausanne avec une Guggenmusick pour attirer le monde. On vante le carnaval de Moudon comme étant le plus latin, son emblème va d'ailleurs être depuis 1983 un carioca, symbole de Rio.
Le thème
Tous les éléments ont été réunis en quelques années pour donner une structure nouvelle à la fête. Les Brandons de Moudon ont su évoluer avec leur temps. Grâce à l'imagination et l'engagement de membres du Comité un thème annuel est réalisé chaque année depuis l'an 2000. L'espace d'un week-end, les brandonneurs ont pu vivre sucessivement à BrandonsWood, dans l'espace à Cap Carnaval, en Egypte au Cair'naval, au Far-west à BrandonWest, un tour du monde avec le Monde le plus fou, dans le temps grâce au 60's, a l'époque médiéval, Moudiéval, sur une île à Brandon's Beach, et enfin dans un parc préhistorique à BRANDON'osaures 08.
Reste à savoir maitenant où vont se passer les Brandons 2009 ? |
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